Métier : capteur de chiens
Les deux capteurs de chiens
errants du Service vétérinaire de la commune urbaine de Casablanca, lassos à la
main, s’approchent sans trop de tapage de leur cible. N’importe quel bruit peut
réveiller la chienne qui dort en toute quiétude. Au dernier moment, elle se
réveille et tente de s’échapper. Trop tard. Les capteurs sont plus rapides et
expérimentés. Les lassos cernent déjà son cou et son corps. Elle se débat, mais
cela ne fait que serrer davantage les lassos. Ses aboiements sont stridents et
son combat de survie (sûrement le dernier) est acharné. Toutefois, les capteurs
ne lâchent pas prise. Ils la tirent vers la voiture qui les attend, la mettent
dans une cage, puis ferment la porte. Et tout est fini.
Après cette première opération, Mohamed, chauffeur et aussi capteur, a déjà du
sang sur le doigt. Il a été blessé pendant que la chienne luttait pour échapper
à une mort certaine. “C’est juste une petite égratignure. J’en ai eu d’autres,
plus sérieuses. Les blessures sont monnaie courante chez nous. Chacun des
membres de l’équipe a déjà été mordu au moins trois fois”, avance-t-il.
En effet, la logistique des capteurs semble bien modeste pour les protéger
contre les attaques des chiens. Ils ne sont équipés d’aucun moyen de protection.
Même pas un gant. “C’est un métier à haut risque. Quand il s’agit de chiens
dangereux comme les pitbulls, les dobermans ou les bergers allemands, la tâche
est encore plus dangereuse. Il faut savoir que nous n’avons suivi aucune
formation”, confirme un capteur.
De leur côté, certains citoyens ne facilitent pas la tâche des capteurs. Ils les
surnomment “les tueurs de chiens”.
Effectivement, dès leur apparition dans une ruelle derrière la Comanav, les
capteurs sont suivis par une horde de curieux. Les compréhensifs essayent
d’aider les membres de l’équipe en leur montrant les cachettes de l’animal en
fuite. Les réticents, très en colère, ne mâchent pas leurs mots: “Laissez ces
chiens en paix, espèce de tueurs. Allez faire autre chose, plutôt que de vous
rabattre sur de pauvres bêtes”, lance un passant. “Dans les quartiers chauds et
les bidonvilles, c’est avec des couteaux et des bâtons que certains habitants
nous accueillent. C’est le chasseur qui devient la cible”, assure Tarik, le
capteur de l’équipe.
Après une première opération fructueuse dans le parking de la Comanav, les
capteurs récidivent. Cette fois, c’est aux alentours de la porte N°4 du port.
D’autres chiens errants ont été signalés dans cette zone. Mais la densité de la
circulation ne facilite pas le travail et les curieux sont de plus en plus
nombreux. Malgré ces difficultés, d’autres chiens ont été pourchassés et
capturés.
Dans la voiture, qui garde encore les traces bien évidentes des attaques de
certains chiens, une odeur nauséabonde commence à se propager. “Nous devons
supporter l’odeur des chiens. Elle est encore plus suffocante, surtout quand il
fait chaud et quand la voiture est pleine de chiens. Parfois, nous arrivons à
chasser plus de vingt chiens en une seule sortie. Les cages sont tellement
pleines que souvent de petits chiots meurent pendant le trajet”, affirme
Mohamed.
La chasse aux chats fait également partie de la tâche de cette équipe. Selon
Tarik, ils sont plus difficiles à capturer. “Nous utilisons un filet et il faut
les prendre par surprise. Parfois, nous sommes obligés d’ôter nos chaussures, de
vider nos poches et réduire même le frottement de nos pantalons, pour ne pas
émettre de bruit. Sinon, ces animaux très vifs se sauvent”, explique Karim, un
autre capteur.
Pour les capteurs, les risques du métier sont également d’ordre psychique. Même
s’ils ne le disent pas explicitement, ils avouent faire parfois des cauchemars
où il est question de cadavres de chiens. “Surtout pendant mes premiers mois de
travail”, avance Mohamed. Karim, plus superstitieux, fait allusion à des
apparitions nocturnes qui se multiplient quand il travaille la nuit.
Au quartier général du service, dans les anciens abattoirs, les chiens capturés
sont tués par injection. Une centaine de cadavres sont entassés les uns sur les
autres. Deux corps de chiens tremblent encore. “La piqûre n’a pas encore fait
son effet. Mais ils ne souffrent pas”, rassure un capteur. Selon ce dernier,
faute d’incinérateur, les cadavres sont transportés vers la décharge publique.
“L’incinérateur est en panne depuis plusieurs années. Il n’y a aucun risque à
jeter les cadavres à la décharge mais pour une ville qui se respecte, il faut un
incinérateur”, confirme un responsable. Aucun danger ? Cela reste à vérifier.
A l’arrière des locaux, de petites cages d’un mètre carré environ, sont alignés
le long du mur. Des chiens de différents âges et races attendent leur dernière
heure. Sans aucune nourriture, les uns s’acharnent à aboyer, d’autres sont
résignés. Ils se contentent de suivre, d’un regard vague, les allées et venues
de leurs “geôliers”. Difficile de rester insensible devant les aboiements
étouffés de quelques petits chiots. Ils n’ont même pas encore ouvert leurs
petits yeux. “Ils ont été capturés avec leur mère qui venait de mettre bas”,
souligne un capteur. “Tous ces chiens seront “piqués” dans les heures qui
suivent. C’est difficile, presque inhumain, mais c’est comme ca!”, se
contente-t-il d’ajouter.
3.200 chiens capturés
Composé de sept personnes, quatre capteurs et trois chauffeurs, qui travaillent
également comme capteurs, le Service de ramassage des chiens errants qui relève
du Service vétérinaire de la commune urbaine de Casablanca dispose de seulement
trois véhicules. Durant les six derniers mois, ce service a capturé plus de
3.200 chiens. Le mois de décembre a été le plus fructueux avec 713 chiens et 83
chats. Durant cette période, seulement six cas de rage animale ont été déclarés:
trois chiens et trois… ânes.
Mohamed AKISRA
Source : L'économiste 2005
Source:
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1512_charmeurs_serpents_Marrakech_touristes_complices.php
Charmeurs de serpents à Marrakech : touristes complices de maltraitance animale

"Charmeurs
de serpents", place Jemaa-El-Fna à Marrakech
Vipère heurtante morte à laquelle on a placé un oeuf
dans la gueule et serpents mourants
À Marrakech, la Place Jemaa-El-Fna doit
une partie de sa renommée aux traditionnels charmeurs de serpents. L’imposture
de leur talent ne serait que magie si elle n’induisait pas la maltraitance des
cobras, des vipères heurtantes, des couleuvres de Montpellier et autres, aux
fins de la perpétration d’un bien douteux spectacle moyenâgeux. La plupart de
ces belles espèces sont soit menacées d’extinction en Afrique du Nord, soit sont
en régression alarmante. Ceci contribue au consternant appauvrissement général
des écosystèmes du Maroc.
Les serpents sont sourds et n’entendent pas la musique. Les « charmeurs » ne
charment donc que des badauds et des touristes maintenus dans l’ignorance des
tenants et des aboutissants, notamment désinformés des mœurs réelles des ces
remarquables espèces. Les seuls qui se dressent face à la flûte sont les cobras,
parce que se sentant menacée par toute présence hostile, cette espèce adopte
instinctivement le comportement défensif de cette spectaculaire érection, toute
coiffe déployée. C’est ce comportement qui depuis toujours fascina les hommes
qui y voyaient un trait de noblesse.
Une fois prélevés dans la nature, ces animaux ont la plupart du temps leurs
crochets venimeux arrachés, ce qui occasionne l’apparition d’abcès qui
provoquent une mort lente et douloureuse. Il existe quelques rares exceptions
qui confirment la règle, mais sur un point la règle ne connaît hélas aucune
exception, indépendamment du fait que leurs crochets soient arrachés ou non. Ces
serpents, tels qu’ils sont manipulés Place Djemaa El Fnaa (et ailleurs),
contraints d'adopter systématiquement une position de défense absolument
stressante, meurent TOUS et sans exception d’épuisement après quelques mois,
deux ou trois tout au plus. Il n'y a qu'à observer le sort des couleuvres de
Montpellier et autres... Nous en savons hélas quelque chose, ayant observé le
phénomène avec le parti pris de personnes sensibles au sort des serpents.
Nous pouvons également témoigner que nombreux sont les malheureux cobras,
vipères heurtantes et de Mauritanie, couleuvres de Montpellier et couleuvres fer
à cheval qui, « attendant » d'être vendus, sont maintenus des mois durant dans
des boites infectes où beaucoup finissent par mourir de soif ou de faim.
Ne pouvant plus se nourrir par eux-mêmes, ils sont gavés de force. Stressés par
de fréquentes manipulations ou par l’obligation qui leur est faite d’adopter une
posture de défense, ils meurent très rapidement après une courte vie moribonde,
au service de la cupidité et d’une bêtise inhumaine.
L’un des auteurs (Michel Aymerich) a récupéré à plusieurs reprises des
couleuvres et des vipères déshydratées, lesquelles ont bu des heures durant et
ceci de manière répétée pendant plusieurs jours !
Les cobras rachetés afin qu’ils ne partent pas déportés sur Marrakech ou Agadir
se sont montrés très choqués, restant des semaines durant cachés dans un abri,
ne supportant pas la vue d’un humain.
C'est la triste réalité, le revers d'une illusion à laquelle beaucoup
s'accrochent pour maintenir coûte que coûte leur rêve d'être dans un pays des
mille et une nuits.
Pourquoi alors voit-on tellement (beaucoup trop) de touristes étrangers, et
notamment français, se repaître de ces spectacles lamentables ? Pourquoi ne les
voit-on pas plus souvent s'insurger face à ces abominations, illustrées sur
cette place et dans le souk attenant par de tels spectacles et exhibitions
d’animaux ?
Serpents, fouettes-queue, caméléons, tortues, écureuils, singes magots, babouins
importés, rapaces diurnes et nocturnes, étroitement incarcérés, dénutris,
assoiffés, dérangés, manipulés, abasourdis, blessés, sont ici illégalement et
honteusement en étal. Pour combien de temps encore ?
Tous condamnés, agonisants, morts-vivants ou massacrés ? Parmi ces derniers :
des panthères, des servals, des zèbres, des autruches, des pythons de Seba, des
varans gris, pourtant tous inscrit en Annexe I de la Convention de Washington !
Et bien que le Maroc ait signé et ratifié cette Convention ! La stupide
complaisance des touristes aura seule permis pendant ces longues années une
telle hécatombe. Pendant combien de temps encore ?
Curieux, comme ce qui semble n'être pas admis en France et en Europe le devient
au Maroc, au nom d’un relativisme culturel aussi suspect que dangereux. C'est
vrai pour tout. Le Maroc ne doit pas devenir un pays de droit...
C’est pourtant oublier que là où il y a des acquis, en France ou ailleurs,
ceux-ci ont été obtenus après un long parcours de luttes. Tant il est et reste
vrai que l’oppression qu’elle quelle soit, y compris à l’endroit de ceux qu’on
appelle commodément « les animaux », ou à l’égard des femmes ou des hommes
d’autres races, a été et reste, bien qu’inégalement, un mal que nous constatons
partout sur cette planète.
En ce troisième millénaire, à l’heure d’une extinction massive des espèces et
d’une prise de conscience internationale pour le nécessaire respect dû à toutes
formes de vie, notamment sauvages, il est grand temps de ne plus affirmer que
toutes les traditions sont à respecter. Avec ses festivals, sa richesse
historique et sa réputation de ville phare du tourisme marocain, la belle cité
de Marrakech vaut bien mieux que ça !
Touristes, svp, détournez-vous des spectacles indignes qui maltraitent les
animaux, ou mieux encore, dénoncez-les ! Détournez-vous de ces dompteurs de
petits singes, attachés court et contraints, sous les coups, à exécuter de
consternantes pirouettes. Détournez-vous aussi de ces sordides marchands du souk
qui proposent des animaux morts ou vifs, pour la plupart espèces protégées.
Place Jemaa-El-Fna, il y a un Commissariat de Police, n’hésitez pas à aller
exprimer votre indignation !
Source:
http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1512_charmeurs_serpents_Marrakech_touristes_complices.php